L’ESPOIR

Lors de la troisième journée, juste avant la pause du dîner, Agnes réunit tout le monde. Dans le cadre de sa stratégie de sensibilisation des agents de santé du Soudan du Sud sur la prévention des infections et la bonne hygiène des mains, Agnes a concocté une chanson énergique pour que tout le groupe la chante dans un vidéo qui fera partie d’une campagne d’intérêt public. Les médias sociaux font tranquillement leur arrivée au Soudan du Sud, mais de manière positive. Les femmes prennent l’avant-scène. Leur énergie et leur force sont, à vrai dire, contagieuses.

C’est l’après-midi. L’air climatisé est à nouveau en marche. Les sages-femmes, les infirmières et autres agents de santé discutent de ce qu’elles et ils ont retenu de la formation.

« Un des plus grands problèmes, c’est les gens qui volent les savons », plaisante Mary, une sage-femme qui travaille dans un petit village près de Wau. « Mais sinon, je connais l’importance de se laver les mains. Se les laver, encore et encore. Avant de toucher un patient, après avoir salué quelqu’un, avant de toucher l’équipement… » poursuit-elle. Mary a voyagé quatre jours en autobus pour pouvoir se rendre à la formation sur la PCI. « Quand elle a dit d’où elle venait et comment elle est venue jusqu’ici, tout le groupe s’est mis à applaudir », raconte Bonser. « J’imagine que c’était tout un périple. »

Lorsque la discussion débouche sur l’espoir, un immense sourire se dessine sur le visage d’Agnes. « Mon grand rêve pour les prochaines années c’est que les choses changent. Nous avons déjà vu de grands changements se produire. Notre pays est encore jeune. Il y a beaucoup de choses à faire en même temps. La santé est une priorité, tout est une priorité. De là où je suis, je peux bien voir quelles sont les priorités. Si nous commençons par la troisième chose en liste, ça pourrait ne pas nous aider. Nous devons commencer par ce qui est prioritaire, les fruits qui sont prêts à être récoltés. »

« Des formations comme celles-ci c’est très important », explique Ladius. « Les professionnels de la santé doivent fournir ces connaissances apprises aux membres de leur équipe et utiliser leur influence auprès des directions pour que les infrastructures nécessaires au contrôle des infections soient mises en place. »

Plus tard dans la journée, le groupe devient soudainement silencieux. C’est la dernière journée, et comme toutes les autres, elle se termine par une prière, suivie d’une chanson. Pendant la prière, on demande que tous se rendent à bon port, car les activités les plus simples présentent souvent des dangers.

Pour visionner, cliquer ICI.

Avant de partir, Ladius ajoute : « Si j’ai la chance d’assister à plusieurs formations comme celle‑ci et d’avoir la possibilité de rencontrer des gens différents, avec des idées différentes sur la façon d’influencer les autres… influencer quelqu’un apportera un grand changement… et vraiment c’est ce que nous espérons. » L’éducation et le partage d’informations nourrissent l’esprit. La musique, elle, nourrit l’âme. La musique est là à Djouba. Et l’espoir aussi. Il fait partie des gens, tout comme la gentillesse et l’accueil. Oui, il y a la violence et la pauvreté, et beaucoup de tristesse, mais l’espoir est en reconstruction, dans les rues, dans les voix, dans le chant. Il est contagieux. C’est le genre d’infection qu’il ne faut pas prévenir.

Pin It on Pinterest

Share This