LES DÉFIS

La deuxième journée débute avec un autre changement de lieu. Après une matinée d’exposés, de travaux en équipe et de nombreux lavages de mains et interludes musicaux, on demande aux sages-femmes et aux autres agents de santé de se rassembler en petits groupes pour discuter du type de structure nécessaire; des techniques adéquates et sécuritaires pouvant être adoptées pour prévenir les infections; et des principaux défis et obstacles qui se posent en matière de prévention des infections au sein de leur établissement de santé.

Ces défis sont souvent les plus élémentaires. Les raisons les plus fréquemment soulevées par les agents de santé en Amérique du Nord pour ne pas se laver les mains sont qu’ils ou elles ont oublié, partagent de l’équipement, ne sont pas bien informés ou se disent « mes mains sont correctes, elles ont l’air propres ». Les raisons soulevées au Soudan du Sud sont semblables, mais d’un ordre beaucoup plus complexe et structurel, lié au contexte. « La plus grande difficulté se rattache aux désinfectants et à l’eau… on a beau savoir que nous devons nous laver les mains fréquemment, mais les installations… ce qui manque dans les établissements ne nous aide pas à y arriver », raconte Agnes. La santé mentale aussi inquiète de plus en plus.

« Si je vis un traumatisme, comment pourrais-je me rappeler de quoi que ce soit qui est enseigné pendant ces ateliers? La santé mentale est un défi important… le nombre d’admissions pour des raisons de santé mentale augmente, et bien des personnes ne se rendent même pas à l’hôpital. On s’en rend compte dans les familles… les gens sont déprimés, traumatisés. »

Avoir accès à des méthodes de formation moderne présente une autre difficulté, tout comme la gestion des déchets :

« la destruction sécuritaire du placenta en est un exemple. Nos établissements ne sont pas équipés d’incinérateurs. Le placenta est donc souvent remis à la mère dans un sac en papier. Elle le ramène à la maison. Si elle l’enterre ou le place dans un puits, elle risque, sans le vouloir, de contaminer la communauté », explique Mary, une sage-femme de la région de Yei.

Ladu Julius, qui travaille pour Samaritan’s Purse dans le comté de Maban, parle avec une conviction assurée. Son ton est pressant et ferme.

« Le temps est un facteur important. Notre temps est limité. Nos patients sont dépassés. Imaginez que, par-dessus le marché, les ressources sont limitées. Quand nous avons assez de personnel, assez de ressources humaines, tout se déroule facilement. Par contre, sur le terrain ce n’est pas si facile… sur le moment il faut faire ce qu’on peut. »

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