« Nos mères se meurent – il n’y a pas assez de sages‑femmes dans ce pays. C’est pour sauver la vie de nos mèresque j’ai décidé de devenir sage‑femme », affirme Dora Kunda, une sage‑femme volontaire des Nations Unies (VNU) nationale qui travaille à l’hôpital d’enseignement de Wau, dans le Bahr el Ghazal occidental au Soudan du Sud. Elle y agit à titre de leader et de mentore pour les étudiants et les sages‑femmes nouvelles et en exercice, et elle offre du soutien en matière de ressources humaines.

Elle est l’une des 28 sages‑femmes sud‑soudanaises à participer au programme de jumelage dans le cadre du projet Renforcer les services de sage‑femme (SMS II). Le projet SMS II est appuyé par Affaires mondiales Canada et dirigé par le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) en partenariat avec le Ministère de la Santé du Soudan du Sud, l’Association canadienne des sages‑femmes (ACSF) et d’autres partenaires. L’ACSF offre du mentorat direct par les pairs et l’expertise technique de sages‑femmes canadiennes en exercice et d’autres professionnel·le·s en santé des mères, des nouveau‑nés et des enfants.

Parmi les éléments du projet, on retrouve la formation des sages‑femmes, des infirmières et infirmiers et des autres professionnel·le·s de la santé dans les Instituts des sciences de la santé partout au pays. Le projet jumelle des sages‑femmes sud-soudanaises en début de carrière avec des sages‑femmes canadiennes également en début de carrière, dans un but de développement professionnel continu et d’échange mutuel. « Nous échangeons nos expériences afin d’améliorer notre propre travail et nous communiquons souvent. C’est un beau partenariat », selon Mme Kunda.

L’hôpital d’enseignement de Wau accueille en moyenne 150 à 200 naissances par mois et emploie un total de 9 sages‑femmes. L’hôpital offre au public un certain nombre de services, y compris des soins prénataux, du conseil et de la planification familiale, et il accueille l’un des centres à guichet unique pour les violences basées sur le genre du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP). Comme d’autres professionnel·le·s de la santé au Soudan du Sud, sa motivation à agir en première ligne en matière de santé des femmes lui est venue après avoir été témoin de mortalité maternelle. Elle comprend les effets d’un haut taux de mortalité maternelle puisqu’elle est devenue la principale responsable des enfants de sa co‑femme lorsque cette dernière est décédée de complications à l’accouchement.

L’homologue de Mme Kunda est une sage‑femme canadienne basée à Vancouver, en C.-B. Elles discutent en ligne, sur Facebook et WhatsApp, de sujets comme les soins obstétricaux et néonatals d’urgence (SONU), la gestion active du travail et l’accouchement de jumeaux. Mme Kunda affirme que le projet de jumelage de SMS II l’a aidé à apprendre différentes approches du travail, qu’elle peut en retour partager avec ses collègues de Wau.

Mme Kunda est respectée dans la communauté, et ses étudiants et collègues l’apprécient beaucoup. Elle dégage le professionnalisme dans son travail et respecte ses patients, mais elle prend aussi le temps de rire et d’avoir du plaisir. Elle et son homologue canadienne apparaîtront dans un court métrage qui sortira en 2019.

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