L’ACSF accueillait son premier symposium mondial sur la santé et les droits reproductifs en octobre 2018. Plus de 200 participants issus de contextes différents comme des sages‑femmes membres de l’ACSF, des sages‑femmes de l’hémisphère sud et d’autres praticiens intéressés en développement international ont assisté à vingt conférencier(ère)s venant d’ONG canadiennes et internationales et par d’autres associations de sages‑femmes d’ailleurs dans le monde.

Tout au long de la journée, les conversations gravitaient autour de deux thèmes principaux : 1) la nécessité de donner accès aux services complets de santé sexuelle et reproductive à tous et toutes, où qu’ils soient dans le monde, et 2) le rôle crucial que jouent les sages‑femmes pour s’assurer que les gens, en particulier les femmes et les jeunes filles, puissent bénéficier d’un accès aux soins et aux droits de santé reproductive et sexuelle.

Collaboration entre femmes : la collaboration nord-sud et le combat pour l’équité


La Dre Sebalda Leshabari, secrétaire générale pour l’Association des sages‑femmes de la Tanzanie, a rappelé à l’auditoire que « nous vons besoin de sages‑femmes bien formées et capables de emettre en question le système dans lequel elles évoluent. C’est ce qui permettra de sauver des vies. » Au cours de la journée, ce message a trouvé écho : lorsqu’elles sont bien formées et qu’elles peuvent compter sur une association solide capable de multiplier les voix de chaque personne pour en faire un pouvoir collectif, les sages‑femmes ont l’étoffe pour devenir de grandes militantes et pour lutter en faveur de changements dans leur environnement.

Forte de son expérience de travail dans divers contextes de l’hémisphère sud, la Dre Karline Wilson‑Mitchell, directrice de la pratique sage‑femme à l’Université de Ryerson, a parlé du pouvoir transformateur qu’offrent les partenariats équitables. Le modèle de collaboration de la pratique sage‑femme prônant un travail d’égal à égal peut s’appliquer comme modèle de développement de la pratique partout dans le monde. S’appuyant sur ses propres expériences de collaboration pour instaurer des changements durables, elle a souligné que « nous devons puiser notre savoir auprès de tous les partenaires assis autour de la table, mais aussi avec eux et en s’inspirant d’eux. Ainsi, nous pouvons créer des connaissances ensemble et bâtir un environnement égalitaire. »

Le conférencier d’honneur, le Dr Peter Johnson, directeur des soins infirmiers et obstétricaux pour Jhpiego et lui‑même sage‑femme, a débuté en précisant qu’« être sage‑femme, c’est aussi être une mentore, une militante et une leader ». Il a réfléchi sur les réussites de la collaboration de Jhpiego avec les sages‑femmes, collaboration qui se base sur le principe que travailler avec des sages‑femmes, c’est travailler pour les mères, pour les bébés et pour les communautés. Dans toutes ces sphères, les sages‑femmes représentent une force vitale de changement. Il a rappelé aux sages‑femmes canadiennes l’étendue de leur expertise quant aux défis et aux occasions qui accompagnent le soutien des femmes et des familles en régions rurales. Le Canada est un pays rural et malgré toutes les différences qui nous séparent des pays de l’hémisphère sud, nos communautés rurales et éloignées doivent surmonter des défis semblables pour accéder aux soins de santé. Le Dr Johnson a conclu par un inspirant appel à l’action : les sages‑femmes peuvent contribuer encore plus à la création de communautés et de familles durables et en santé en collaborant avec d’autres professions et en les propulsant.

Les panels qui ont suivi portaient : sur les défis d’offrir un accès à l’ensemble des droits et des soins de santé reproductive; sur les modèles de pratique exemplaire pour surveiller les soins de santé sexuelle et reproductive et une programmation fondés sur les droits; sur la complexité d’impliquer divers groupes pour questionner et mettre au défi les rapports de pouvoir entre les sexes, et sur certaines des avenues empruntées par les sages‑femmes autochtones autours du monde pour se faire entendre et favoriser le changement. Finalement, Ambroccka Kebaya, présidente de la Société congolaise de la pratique sage‑femme et Siama Lako Lado, analyste sage‑femme au Soudan du Sud pour le FNUAP, ont parlé du pouvoir des partenariats.

Pin It on Pinterest

Share This