En mars 2017, Cuso International et l’Association canadienne des sages-femmes (ACSF) ont organisé un atelier sur L’égalité des sexes et l’inclusion sociale (GESI) à Addis-Ababa, Éthiopie, en mettant un accent particulier sur le respect dans les soins de maternité (RSM); cet atelier s’adresse aux sages-femmes en exercice provenant des quatre pays cibles du projet Les sages-femmes sauvent des vies (MSL) : Éthiopie, Bénin, Tanzanie et la République démocratique du Congo.

L’atelier pratique de quatre jours a offert aux participantes une occasion de perfectionnement professionnel et d’apprentissage, reliant les principes entourant l’égalité des sexes au concept du respect dans les soins de maternité. Un des buts du projet MSL est de faciliter les échanges entre les sages-femmes provenant des quatre pays cibles, ce qui crée des occasions de discuter des pratiques exemplaires, d’apprendre les unes des autres et de stimuler des idées pour un changement innovateur. Il s’agissait du premier atelier du projet à rassembler les sages-femmes de tous les pays participants. Celles-ci ont fait part d’expériences issues de leurs propres contextes et de leur vie personnelle, ce qui a donné lieu à de nombreux échanges passionnés et profondément personnels. En parlant du double fardeau du travail reproductif (à domicile et non rémunéré) et du travail productif (hors du domicile et rémunéré), une sage-femme a déclaré : « Il faut que nous fassions quelque chose pour changer cela! Nous avons toutes connu ce type de double fardeau. » L’atelier a offert une occasion de réfléchir ainsi qu’une occasion de penser d’une manière pragmatique à ce à quoi pourrait ressembler le changement dans les contextes de travail et culturel de chaque sage-femme.

Les sages-femmes du Bénin, de la RDC, de l’Éthiopie et de la Tanzanie.
L’atelier a rassemblé des sages-femmes du Bénin, de la RDC, de l’Éthiopie et de la Tanzanie pour discuter de l’égalité des sexes et du respect dans les soins de maternité.

« Il se passe quelque chose de très spécial quand des sages-femmes se rencontrent. Le lien est toujours instantané. Je crois que cela découle de l’intensité et de l’universalité du travail que nous faisons, toutes ces nuits sans sommeil passées au carrefour de la vie et de la mort. Notre travail quotidien avec la douleur et la joie, avec la perte et le pouvoir, avec la lutte et le triomphe. Malgré tous les milieux variés dans lesquels nous travaillons, nous partageons bon nombre des mêmes inquiétudes, victoires et idées de changement. »

– Katrina Kilroy, présidente de l’ACSF.

Une journée complète de l’atelier de trois jours a été consacrée au respect dans les soins de maternité (RSM), et une des séances a été coanimée par la présidente de l’ACSF, Katrina Kilroy, et une membre du conseil d’administration de l’ACSF, Claudia Faille. Les représentantes des sages-femmes du Canada ont dirigé une discussion en groupe sur le respect dans les soins de maternité et sur la façon dont cela est lié au sexe.

Puisant dans les ressources créées par la campagne mondiale de l’Alliance du ruban blanc pour le respect dans les soins de maternité, les sages-femmes canadiennes ont travaillé avec les sages-femmes de chacun des quatre pays cibles du projet MSL pour réfléchir aux effets de l’inégalité des sexes et de l’exclusion sociale sur leurs clientes et sur leur profession de sage-femme. Les sages-femmes de tous les pays ont échangé des idées sur la façon de détecter et de combattre les mauvais traitements et le manque de respect dans leurs milieux nationaux. Mme Kilroy admet qu’elle et Mme Faille ont trouvé parfois difficile d’animer l’atelier – dans deux langues et face à cinq cultures –  « mais nous avons tiré une grande satisfaction du fait de savoir que nous pouvions avoir des dialogues significatifs et élaborer un plan d’action malgré nos différences. ».

La présidente de l’ACSF, Katrina Kilroy, et des collègues sages-femmes.
La présidente de l’ACSF Katrina Kilroy écoute des sages-femmes collègues travaillant dans les régions rurales cibles du projet en Tanzanie et en Éthiopie, et apprend de celles-ci.
Les participants profitent d’une cérémonie traditionnelle du café éthiopien.
Le gestionnaire du projet MSL en Éthiopie de Cuso, Henok Kiros, la membre du conseil de l’ACSF Claudia Faille, et les sages-femmes de la République démocratique du Congo, Louis, Lucie et Thethe, profitent d’une cérémonie du café éthiopienne traditionnelle.

La journée s’est terminée avec une présentation fascinante des plans d’action élaborés pour aborder l’égalité des sexes et les défis associés au RSM de chacun des quatre pays représentés. Ces plans d’action seront exécutés pendant tout le projet MSL. Par exemple, dans la République démocratique du Congo, le contenu sur le RSM sera intégré aux cours de formation à l’intention des sages-femmes en exercice (c.-à-d. formation en urgences obstétricales). Ce travail est déjà en cours, une équipe de sages-femmes et de gynécologues dans la RDC travaillant avec deux conseillères en pratique sage-femme pour mener à bien ce travail de concert avec une révision du Manuel de formation en urgences obstétricales. On est également en train de préparer un appel à l’action fondé sur les trois principaux thèmes définis par les participants à l’atelier : le respect dans les soins de maternité, la réduction de la violence sexiste et la reconnaissance de la profession de sage-femme.

Des sages-femmes du Bénin, et la gestionnaire du projet au Bénin de Cuso Ernestine Denami.
Les sages-femmes du Bénin, Clementine, Kate et Tamsirath, travaillent ensemble à l’élaboration d’une stratégie de respect dans les soins de maternité aux côtés de la gestionnaire du projet au Bénin de Cuso Ernestine Denami.

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