Cindy Hénault Robert est la chargée de projet de l’ACSF Mondial pour Les sages-femmes sauvent des vies, un projet entrepris grâce au soutien financier du gouvernement du Canada qui se déroule présentement au Bénin, en République démocratique du Congo (RDC), en Éthiopie et en Tanzanie et qui est mis en œuvre en partenariat avec Cuso International.

Cindy s’est récemment rendue sur le terrain au Bénin pour un séjour de deux semaines où elle a eu la chance de rencontrer les représentantes de l’association de sages-femmes de la région et de visiter l’endroit où se déroulera le projet. Nous avons rencontré Cindy pour discuter des détails du projet, du contexte dans lequel il se réalisera et de l’implication des sages-femmes canadiennes.

Emmanuelle Hébert et Cindy Hénault-Robert accompagnées d’un groupe d’administrateurs de la santé du service de maternité d’Adja Ouèrè. En rose, l’une des deux sages-femmes travaillant au centre de santé. Elles assistent à environ 35 naissances par mois.

C: Le 17 septembre, je m’envolais de Montréal à Contonou (Bénin) accompagnée de la présidente de l’ACSF, Emmanuelle Hébert, afin d’aller à la rencontre de notre association sœur, l’Association des sages-femmes du Bénin (ASFB). Il s’agissait de notre première visite au Bénin et nous y avons été très bien accueillies par la présidente de l’association des sages-femmes, madame Laurence Monteiro, et les membres du conseil administratif. L’objectif du voyage était de continuer de bâtir des ponts entre l’ACSF et notre association sœur et de découvrir le contexte de la profession dans leur pays. Nous avons aussi travaillé à finaliser les activités du projet au Bénin, surtout celles visant le renforcement de l’association, et nous avons relevé des occasions de bénévolat et les possibilités de mandats de consultation pour les sages-femmes du Canada.

C: L’objectif du projet Les sages-femmes sauvent des vies est de contribuer à réduire le taux de mortalité maternelle et infantile au Bénin, en République démocratique du Congo, en Éthiopie et en Tanzanie. Des recherches démontrent que l’amélioration de la qualité des soins offerts donne des résultats plus concluants dans la réduction de la mortalité maternelle et infantile que l’augmentation du nombre de sages-femmes, car ceci encourage plus de femmes à recourir aux services des sages-femmes tout en augmentant la capacité des fournisseurs de soin de santé à sauver des vies. Le projet vise l’amélioration de la qualité des soins offerts par les sages-femmes, l’augmentation de son utilisation par les communautés et les femmes et finalement l’accroissement de l’influence des sages-femmes. De plus, il encourage la reconnaissance du métier de sage-femme comme étant une option rentable, efficace et de grande qualité dans la santé reproductive, maternelle et néonatale ainsi que dans la valorisation des droits qui en découlent grâce au renforcement des associations de sages-femmes. Ce projet de plus de 12 millions de dollars est mis en œuvre en partenariat avec Cuso International, un OSBL d’Ottawa, et financé par les Partenariats pour le renforcement de la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants du gouvernement du Canada. La réussite du projet repose sur les compétences des Canadiennes, ainsi que les bénévoles. Nous ferons appel aux sages-femmes de l’ACSF afin qu’elles partagent leurs connaissances et leurs aptitudes avec les sages-femmes et leurs associations dans les pays visés. Nous sommes convaincues que cette relation se soldera par des échanges bénéfiques et enrichissants pour toutes les parties.

C: Au Bénin, on dénombre 405 décès maternels pour chaque 100 000 naissances (comparativement à 7 au Canada)[1] et pour chaque 1000 naissances vivantes, 100 enfants de moins de 5 ans mourront (comparativement à 5 au Canada). De ceux-ci, 64 ne traverseront pas la première année. Des enjeux considérables entourent l’accès et la disponibilité des services de santé. Des facteurs socioculturels précis entrent également en jeu, comme les limites qui restreignent le pouvoir décisionnel des femmes par rapport à leur corps et au soin qu’elles reçoivent.

Au Bénin, les sages-femmes sont formées dans l’une des deux universités nationales. Diplôme en main, elles peuvent travailler dans les hôpitaux et les centres de santé (publics ou privés) où elles assument la responsabilité d’une foule de services, notamment les soins prénataux, le travail et l’accouchement (y compris certaines urgences), les soins postnataux et la planification familiale. Leur charge de travail est énorme et les sages-femmes qui travaillent dans les milieux ruraux, comme la région visée par notre projet au Bénin, se retrouvent souvent dans des services de maternité en manque d’effectifs.

Dans tous les centres de santé que nous avons visités, nous avons fait la rencontre de sages-femmes enthousiastes, mais certainement surmenées. Nous avons vu des installations de santé propres et organisées, mais à court de ressources.

Comme dans tous les pays visés, les activités du projet se dérouleront tant dans les bureaux de l’association que dans la région où le projet sera mis en œuvre. Au Bénin, les bureaux de l’association se trouvent à Porto Novo, la capitale animée du Bénin. La région de mise en place du projet, que l’on surnomme PAK, se situe à environ deux heures de la capitale (via route pavée). Selon le type d’activités qu’elles exerceront, les sages-femmes canadiennes travailleront principalement à Porto Novo (activités de renforcement de l’association) ou dans la région PAK (formation des sages-femmes en service).

[1] http://data.unicef.org/topic/maternal-health/maternal-mortality/

C: Bientôt! La phase de mise en place du projet commence tout juste. Je travaille présentement de concert avec nos associations partenaires, dont l’ASFB au Bénin, pour permettre à des bénévoles et des consultants membres de l’ACSF de partir en mission en 2017. Plusieurs des placements seront affichés en décembre et au cours des mois qui suivront, on invite donc les sages-femmes intéressées à guetter leur boîte de réception pour tout courriel en provenance de l’ACSF et à visiter l’onglet Sur le terrain du site Web de l’ACSF Mondial. Au cours des trois prochaines années et demie, nous recruterons environ 13 bénévoles et au moins 20 consultantes – toutes des sages-femmes canadiennes. Les missions s’échelonneront sur des périodes de 3 à 6 semaines et couvriront un éventail d’aptitudes et de capacités, dont les formations en urgences obstétricales et en soin de maternité dans le respect, l’examen des programmes et des règles, le renforcement des capacités du personnel des associations de sages-femmes et plus encore. Je me ferai un plaisir de répondre à toutes les questions sur les placements ou les aptitudes que nous recherchons. Les membres peuvent communiquer avec moi directement en écrivant à chrobert@canadianmidwives.org

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